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Un étudiant a remporté un prix pour son programme sur la consommation du tabac chez les jeunes autochtones

11 avril 2008
Express News

Par Michael Brown, employé de l’ExpressNews, Université de l’Alberta

11 avril 2008 - Edmonton - En aidant les jeunes autochtones à faire la différence entre les traditions des Premières Nations et la dépendance sur le tabac, un étudiant en médecine de l’Université de l’Alberta a remporté un Prix national pour l’excellence de la Fondation Kaiser.

Daniel McKennitt, en 2e année de médecine, a gagné le Prix national pour l’excellence en matière de direction chez les jeunes grâce à la création du “Aboriginal Health Group’’, un groupe d’étudiants autochtones dont le but principal est d’éduquer les jeunes autochtones d’Edmonton sur les méfaits du tabac.

Leur programme, “The Aboriginal Health Group’s Culturally Appropriate Use of Tobacco”, commencé en 2006, s’inspire du programme “Butt Out” créé en 1999 par un élève en médecine de l’Université de l’Alberta pour éduquer les élèves en 6e sur les méfaits du tabac et sur comment prendre de bonnes décisions en ce qui concerne le tabac. Le programme de McKennitt est tellement apprécié que l’ “Aboriginal Health Group” a récemment reçu une bourse de $25,000 de la part de Patrimoine canadien pour développer leur programme.

"On nous a demandé de préparer un programme, pas seulement parce que nous montrons le bon exemple en tant que professionnels médicaux et étudiants d’université, mais aussi par sensibilité à notre culture autochtone", a dit McKennitt. "Nous voulions montrer d’un côté la consommation traditionnelle et appropriée de tabac, et de l’autre la consommation récréative de tabac qui n’a historiquement pas de place dans notre culture mais se développe de plus en plus."

Afin d’adapter ce message aux jeunes autochtones, l’"Aboriginal Health Group" a contacté les districts scolaires d’Edmonton, des anciens de leurs communautés autochtones, des experts en dépendance, des travailleurs sociaux et aussi des jeunes autochtones. Ils ont ensuite développé un manuel et un guide avec un échantillon de plans de leçons pour des élèves entre la 1ere et la 6e.

D’après McKennitt, qui est né dans la Première Nation Ojibway de Sandy Bay, le premier programme « Butt Out » était très bien mais présentait le tabac de façon négative. Le tabac tient une place centrale dans de nombreuses cérémonies et rituels autochtones. Malheureusement, cette conception se perd avec le temps et se voit remplacée par une culture de consommation récréative de tabac, pratiquée par jusqu’a 82% de la population dans certaines communautés autochtones.

“Les élèves à la fois autochtones et non autochtones se sont montrés très réceptifs au fait que la consommation de tabac a un rôle dans la société et que le tabac n’est pas uniquement une drogue diabolique qui tue beaucoup de personnes,” a ajouté McKennitt. “Les élèves ne devraient pas avoir peur de participer à des sueries ou a des cérémonies à pipe ou de "smudging", parce que les autochtones ont toujours utilisé le tabac à des fins traditionnelles et c’est seulement quand ils commencé à consommer le tabac de façon incorrecte qu’ils en ont subi les effets négatifs.”

Pour renforcer ce point, des élèves d’écoles élémentaires ont participé à une cérémonie de “smudging”, un rituel pendant lequel certaines herbes, dont le tabac, sont brûlées; la fumée est ensuite étalée sur la peau pour nettoyer le corps des pensées et de l’énergie négatives qui empêchent le rétablissement.

D’après McKennitt, la cérémonie a un double but: les enfants comprennent mieux la nécessité du tabac dans les cultures autochtones, et les étudiants d’université qui organisent le rituel comprennent mieux comment continuer a exercer une influence positive sur leurs communautés.

"Ces étudiants ont enfin l’opportunité de développer des compétences qu’ils pourront utiliser dans leurs communautés," dit-il. "[Ils] n’ont pas encore eu l’occasion de le faire donc ce programme est une expérience unique pour eux."

"Un aspect de notre programme est d’aider les jeunes autochtones à être fiers de leur culture. Le fait de voir ces étudiants d’université qui sont de bons exemples à suivre, et de voir qu’il existe des programmes adaptés spécifiquement pour eux pourra peut-être aider à changer les choses. "

Les prix de la Fondation Kaiser rendent hommage au travail exceptionnel effectué par des organisations, des communautés et des individus à travers le Canada pour réduire les méfaits physiques et mentaux associés à la toxicomanie et à la santé mentale. Les gagnants sont nominés par leurs paires et sélectionnés par un Conseil consultatif national et un Secrétariat national indépendants, d’après des critères de résultats démontrés, de direction, de créativité, de recherche et d’éducation. Chaque gagnant reçoit une bourse de $10,000 à verser à une organisation caritative immatriculée de son choix.

La remise des Prix nationaux pour l’excellence de la Fondation Kaiser aura lieu cette année le 24 avril à l’Hôtel Hyatt Regency à Calgary.